
Livraison de fleurs à Paris
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Le métier de fleuriste consiste aussi à suivre les saisons et à apporter, tout au long de l’année, de la lumière dans les bouquets.
Le marché européen de la fleur est largement organisé autour des Pays-Bas. Aujourd’hui, nous sommes habitués à trouver presque toutes les variétés à n’importe quel moment de l’année. Mais derrière cette abondance se cache une autre réalité : lorsque les mêmes fleurs sont disponibles en permanence, elles perdent parfois une part de leur charme. Nous oublions le plaisir de les attendre et la joie de les retrouver.
Cette disponibilité constante laisse également moins de place aux fleurs cultivées en petites quantités, aux variétés anciennes et aux productions locales.
Chez Les Bouquets De La Muse, nous aimons parcourir les allées du marché aux fleurs de Rungis et découvrir les arrivages des producteurs. Ceux-ci ne sont pas présents toute l’année. Ils viennent en fonction de leurs cultures, des floraisons et des conditions météorologiques.
Leur retour annonce souvent celui d’une fleur que nous attendions.
La rose est sans doute l’une des fleurs les plus offertes. Ses variétés et leurs caractéristiques sont si nombreuses qu’il est presque impossible pour un fleuriste de toutes les connaître.
Mais notre belle rose est aussi victime de son succès. Elle est proposée toute l’année et peut venir de très loin pour répondre à une demande constante. Certaines roses cultivées pour le transport ont peu de parfum. D’autres conservent une senteur délicate : cela dépend de leur variété et de leurs conditions de culture.
En France, la saison naturelle des roses commence généralement à la fin du printemps et se poursuit jusqu’aux premières gelées. Cette période peut varier selon les régions, les variétés et la manière dont les fleurs sont cultivées.
Les roses françaises nous offrent une grande diversité. Certaines possèdent des corolles généreuses et des parfums prononcés. D’autres présentent des teintes poudrées, des nuances tendres ou des rouges profonds. Elles ont chacune leur allure et leur caractère.
Leur beauté peut se suffire à elle-même.
Nous savons que les roses produites dans nos régions représentent parfois un coût plus important. Leur saison est également plus courte. Mais lorsqu’elles sont disponibles, elles permettent de retrouver le plaisir d’une fleur que l’on a attendue.
Et si la meilleure manière de préparer un bouquet de roses consistait simplement à les laisser s’exprimer ?
La rose se place naturellement dans un bouquet. Elle n’a pas besoin de beaucoup d’artifices. À la manière de la pivoine, elle peut occuper tout l’espace ou se glisser discrètement parmi d’autres fleurs.
Elle accompagne volontiers des fleurs d’allure champêtre comme l’alchémille, le phlox, l’astrance, la clématite ou la camomille. Elle peut également être associée à quelques feuillages ou être réunie seule, dans un bouquet composé de plusieurs variétés.
Chez Les Bouquets De La Muse, nous proposons des bouquets de roses pour différentes occasions. Pour certaines compositions, Pascal choisit des roses branchues, aussi appelées roses ramifiées. Leurs nombreuses petites corolles donnent au bouquet un caractère délicat.
Les fleurs coupées continuent à évoluer après leur arrivée dans le vase. Elles s’ouvrent à leur rythme et transforment peu à peu l’équilibre du bouquet.
Lorsque l’occasion m’en est donnée, j’aime observer cette évolution. Chaque fleur s’ouvre différemment. Les variations ressemblent à une comptine douce et pleine de mystère.
Le printemps est la saison du renouveau. Les fleurs réapparaissent progressivement et composent des tableaux de couleurs dignes des plus grands peintres.
Les jacinthes annoncent les premiers changements de saison. Elles apparaissent dès la fin de l’hiver et nous accompagnent au début du printemps. Leur parfum puissant et leurs grappes de fleurs colorées permettent de réaliser des compositions simples, parfois accompagnées de quelques branches.
« J’aime particulièrement cette saison, explique Pascal. Après les narcisses qui nous illuminent, viennent les tulipes, avec la diversité de leurs couleurs et de leurs formes. »
Les tulipes perroquet, par exemple, possèdent des pétales découpés et irréguliers. D’autres présentent des lignes plus simples. Certaines restent droites tandis que d’autres se courbent et se déplacent dans le vase.
En bouquet comme en pleine terre, les tulipes sont des fleurs souriantes.
Le printemps nous apporte également les anémones et les renoncules. Leurs corolles riches et serrées s’ouvrent progressivement. Viennent ensuite le lilas, la clématite et, lorsque la saison est suffisamment avancée, les pivoines tant attendues.
Dans les jardins, les tulipes fleurissent principalement de mars à mai, selon les variétés, les régions et les conditions météorologiques. Pour obtenir cette floraison, les bulbes sont généralement plantés en automne, avant les périodes de gel.
Chez les fleuristes, les premières tulipes apparaissent souvent dès la fin de l’automne ou au début de l’hiver. Elles proviennent alors de cultures réalisées sous abri, principalement aux Pays-Bas. Leur présence précoce sur le marché ne correspond donc pas exactement à leur calendrier naturel dans les jardins.
La tulipe est sans doute l’une des fleurs les plus libres que l’on puisse placer dans un vase. Même coupée, sa tige continue à grandir et à se tourner vers la lumière.
Il suffit de l’observer pendant quelques jours pour voir le bouquet changer. Les tiges se courbent, se croisent et partent dans plusieurs directions. Ce mouvement n’est pas un défaut. Il fait partie du caractère de la fleur.
Pour ralentir son évolution, il est préférable de lui donner peu d’eau et de renouveler celle-ci régulièrement. Dans un grand volume d’eau, ses tiges ont tendance à s’allonger davantage.
Mêlées à des roses, les tulipes peuvent créer un bouquet presque baroque. Elles dépassent, se penchent et échappent peu à peu à la forme qui leur avait été donnée. Elles rappellent ainsi qu’un bouquet est vivant et qu’il évolue après avoir quitté les mains du fleuriste.
Les renoncules et les anémones font partie des premières fleurs que nous retrouvons avec plaisir au début de l’année.
La renoncule possède une multitude de pétales qui se déploient peu à peu. Certaines variétés ont des couleurs franches. D’autres présentent des nuances très douces, du blanc au rose pâle, en passant par le jaune, l’orangé ou le pourpre.
L’anémone possède une silhouette plus simple. Son cœur sombre contraste avec ses pétales colorés. Elle apporte une présence immédiate au bouquet, sans qu’il soit nécessaire d’en ajouter beaucoup.
Ces deux fleurs permettent de composer des bouquets généreux ou plus spontanés. Leur saison reste limitée. C’est précisément ce qui rend leur retour si précieux.
La saison des pivoines est courte. Elle commence généralement au printemps et ne dure que quelques semaines.
Lorsque les conditions le permettent, nous nous approvisionnons auprès d’un horticulteur de la région parisienne. Si cela n’est pas possible, nous privilégions les productions françaises avant de choisir d’autres origines.
La pivoine change beaucoup après avoir été coupée. Son bouton, parfois très serré, s’ouvre pour laisser apparaître une corolle ample. Il faut lui laisser de la place et ne pas chercher à trop la contraindre.
Comme la rose, elle peut se suffire à elle-même. Quelques tiges permettent déjà de composer un bouquet généreux. Nous pouvons aussi l’accompagner de feuillages légers ou de fleurs plus discrètes qui respectent son mouvement.
La brièveté de sa saison contribue à son charme. Nous savons qu’elle ne restera pas longtemps et nous profitons davantage de sa présence.
En été, les bouquets changent d’allure. Les fleurs des jardins prennent davantage de place et les compositions deviennent plus libres.
Les cosmos sont des fleurs aériennes dont les corolles semblent danser au moindre souffle de vent. Elles évoquent les bouquets improvisés de notre enfance, ceux que l’on cueillait dans les champs ou que l’on composait avec les fleurs des jardins de nos grands-mères. Leur simplicité apporte une fraîcheur et une liberté que nous aimons retrouver dans nos bouquets.
Les zinnias offrent des formes régulières et une grande variété de couleurs. Les delphiniums donnent de la hauteur. Les fleurs d’ail, les astrances, l’aneth en fleur et les phlox permettent de créer des rencontres inattendues.
L’été est aussi le temps des fleurs que l’on ne trouve pas toujours en grandes quantités. Les arrivages varient selon les semaines, les producteurs et la météo. Il faut accepter de ne pas pouvoir prévoir exactement ce que l’on découvrira au marché.
Cette part d’inattendu nourrit notre travail. Une variété aperçue le matin peut devenir le point de départ d’un bouquet composé quelques heures plus tard.
Les dahlias apparaissent au cours de l’été et nous accompagnent jusqu’aux premières gelées.
Il en existe une diversité remarquable. Certains sont ronds et réguliers. D’autres possèdent des pétales fins, presque hérissés. Leurs couleurs vont du blanc au rouge sombre, avec de nombreux roses, jaunes, orangés et tons cuivrés.
Le dahlia annonce doucement le passage de l’été à l’automne. En août, il accompagne encore les fleurs légères des jardins. En septembre et en octobre, il rencontre des feuillages plus denses, des baies et des teintes plus profondes.
C’est une fleur généreuse qui peut devenir le centre d’un bouquet ou être travaillée avec d’autres variétés de saison.
L’automne ne marque pas la fin des bouquets colorés. Il offre au contraire une grande richesse de formes et de nuances.
Les dahlias sont encore présents jusqu’aux premières gelées. Ils accompagnent les hortensias, dont les couleurs se transforment progressivement à la fin de l’été et au début de l’automne.
L’hortensia occupe une place particulière dans les bouquets de cette saison. Ses fleurs généreuses prennent des tons verts, vieux rose, lie-de-vin, bleutés ou pourpres. Une seule tige peut déjà donner du volume à une composition. Au fil des semaines, ses couleurs deviennent plus profondes et plus nuancées.
Nous aimons l’associer aux dahlias, aux baies et aux feuillages de saison. Il peut également être utilisé seul pour composer un bouquet simple et généreux.
Les chrysanthèmes offrent eux aussi une grande diversité de formes et de couleurs, bien au-delà des variétés habituellement associées à la Toussaint.
Les baies, les branches, les feuillages et les graminées trouvent naturellement leur place dans les compositions. Les couleurs deviennent plus profondes : rouge sombre, brun, cuivre, orangé, vieux rose ou vert grisé.
Nous ne cherchons pas nécessairement à reproduire les couleurs de l’automne. Nous observons plutôt ce que la saison nous offre et la manière dont chaque élément peut trouver sa place dans le bouquet.
L’automne est une saison de transition. Les dernières fleurs des jardins rencontrent les premières branches qui annoncent l’hiver.
L’hiver paraît parfois silencieux, mais il ne manque pas de fleurs.
Les hellébores apparaissent au cœur de la saison froide. Leurs têtes légèrement inclinées et leurs couleurs discrètes leur donnent une allure particulière. Les anémones et certaines variétés de renoncules font également leur retour.
Les premières jacinthes peuvent être proposées à la fin de l’hiver. Leur parfum annonce déjà l’approche du printemps.
Les branches occupent aussi une place importante dans les bouquets de cette saison. Le mimosa, le forsythia, le cognassier du Japon ou les branches de prunus permettent de composer des bouquets aux lignes plus affirmées.
À Noël, les feuillages persistants, les branches de sapin, le houx et les baies accompagnent les fleurs. Ils entrent aussi dans la réalisation des couronnes et des décorations de saison.
L’hiver invite à regarder autrement. Les fleurs sont parfois moins nombreuses, mais les branches, les feuillages et les plantes permettent de construire des compositions vivantes.
Le choix des fleurs commence avant leur arrivée à l’atelier.
Au marché de Rungis, nous découvrons les variétés disponibles, leur origine et leur qualité. Nous observons leur stade d’ouverture, la solidité des tiges, la forme des corolles et l’équilibre des couleurs.
Nous échangeons avec les fournisseurs et, lorsque cela est possible, avec les producteurs. Leur présence dépend de la période de l’année et de ce que les cultures ont donné.
Il arrive que nous partions au marché avec une idée précise et que nous en revenions avec tout autre chose. Une fleur inattendue, une couleur ou une variété rarement proposée peut modifier le bouquet que nous avions imaginé.
Choisir des fleurs de saison ne signifie donc pas suivre une règle rigide. Cela consiste d’abord à regarder ce qui est disponible au bon moment et à savoir accueillir l’imprévu.
Un bouquet de saison permet de retrouver les fleurs au moment où elles expriment le mieux leur caractère.
Il nous rappelle également que toutes les variétés ne sont pas présentes en permanence. Il faut parfois attendre plusieurs mois avant de revoir les premières pivoines, les dahlias, les tulipes ou les renoncules.
Cette attente donne davantage de valeur à leur retour.
Choisir un bouquet de saison ne signifie pas que toutes les fleurs qui le composent sont nécessairement cultivées à proximité. L’origine dépend des variétés, des périodes et des possibilités d’approvisionnement. Nous privilégions les productions françaises lorsque leur qualité et leur disponibilité le permettent, sans présenter comme locale une fleur qui ne l’est pas.
Cette transparence est importante. Le travail d’un artisan fleuriste consiste aussi à connaître ses produits, à expliquer ses choix et à composer avec la réalité du marché.
Nous ne cherchons pas à réaliser les mêmes bouquets tout au long de l’année.
Au printemps, nous retrouvons les jacinthes, les narcisses, les tulipes, les renoncules, les lilas et les pivoines. L’été nous apporte les cosmos, les zinnias, les delphiniums et les fleurs des jardins. L’automne révèle les dahlias, les hortensias et les baies. L’hiver laisse davantage de place aux hellébores, aux anémones et aux premières branches fleuries.
Chaque saison possède son rythme et son caractère.
Composer un bouquet, c’est écouter les fleurs avant de les assembler. C’est observer leur mouvement, leurs formes et leurs couleurs, mais aussi accepter ce qu’elles nous imposent.
Les saisons ne limitent pas notre travail. Elles lui donnent un point de départ.
Elles nous invitent à regarder ce qui vient d’apparaître, à redécouvrir ce que nous pensions connaître et à imaginer, chaque jour, de nouvelles compositions.
