
Livraison de fleurs à Paris

Livraison de fleurs à Paris

Lorsque l’automne arrive, le chrysanthème fait son apparition devant les boutiques des fleuristes. Ses fleurs blanches, jaunes, roses, rouges, mauves ou cuivrées apportent de la couleur au moment où les jours raccourcissent.
En France, cette fleur reste étroitement liée à la Toussaint et au souvenir des défunts. Pourtant, son histoire est beaucoup plus ancienne et sa symbolique varie selon les pays. Au Japon, elle est associée à la famille impériale. En Chine, elle est cultivée depuis des siècles. Dans d’autres pays, elle peut être offerte pour exprimer la joie, l’amitié ou la sincérité.
Il existe également une grande diversité de formes. Certains chrysanthèmes portent de petites fleurs rondes, comme la pomponnette. D’autres présentent de grandes fleurs aux pétales fins, réguliers ou ébouriffés. Les fleuristes parlent aussi de Bonny, de Santini ou de Tokyo pour distinguer différentes formes utilisées dans leurs compositions.
Combien de temps dure un chrysanthème en pot ? Comment l’arroser et le protéger du gel ? Peut-il être replanté en pleine terre ? Et peut-on offrir un bouquet de chrysanthèmes sans évoquer nécessairement le deuil ?
Pour répondre à ces questions, il faut d’abord redécouvrir cette fleur d’automne dans toute sa diversité.
Le chrysanthème est cultivé depuis très longtemps en Chine. Son nom vient des mots grecs chrysos, qui signifie « or », et anthemon, qui désigne la fleur. Il rappelle ainsi la couleur jaune des premières espèces connues en Europe.
La plante gagne le Japon au cours du VIIIᵉ siècle. Elle y occupe progressivement une place importante dans les arts, les jardins et les cérémonies. Le chrysanthème à seize pétales devient l’emblème de la famille impériale japonaise. Il apparaît encore aujourd’hui sur le sceau impérial.
Son arrivée en Europe est beaucoup plus tardive. Les premiers chrysanthèmes introduits ne ressemblent pas encore à toutes les formes que nous connaissons. Les sélections horticoles et les hybridations donnent progressivement naissance à une multitude de variétés.
En France, le lien entre cette fleur et les cimetières se renforce après la Première Guerre mondiale. À l’occasion du premier anniversaire de l’armistice, le 11 novembre 1919, les tombes des soldats et les monuments aux morts sont largement fleuris.
Les récits historiques attribuent parfois à Georges Clemenceau ou au président Raymond Poincaré un appel national en faveur de ce fleurissement. La formulation exacte et l’origine de cette décision sont toutefois rapportées différemment selon les sources. Ce qui est certain, c’est que le chrysanthème s’impose alors naturellement : il fleurit en automne, se trouve au meilleur de sa floraison en novembre et supporte les températures fraîches.
Peu à peu, le fleurissement du 11 novembre se rapproche des visites rendues aux défunts autour du 1er et du 2 novembre. Le chrysanthème devient ainsi la fleur emblématique de la Toussaint dans les cimetières français.
Cette association est donc relativement récente au regard de la longue histoire de la plante. Elle ne résume pas à elle seule tout ce que cette fleur peut exprimer.

Il n’existe pas une durée de vie unique pour un chrysanthème en pot.
Lorsque la plante est achetée en boutons ou au début de sa floraison, ses fleurs peuvent rester décoratives pendant plusieurs semaines. La durée dépend ensuite de la variété, du stade d’ouverture, de la température, de l’exposition et des soins apportés.
Un chrysanthème placé dehors dans un endroit lumineux et abrité dure généralement plus longtemps qu’une plante conservée dans une pièce chauffée. Une chaleur excessive accélère l’ouverture puis le flétrissement des fleurs.
La pluie, le vent et le gel jouent également un rôle. Les grandes fleurs retiennent davantage l’eau et peuvent être abîmées par de fortes pluies. Les variétés à petites fleurs, comme la pomponnette, résistent souvent mieux aux intempéries. Un gel important peut toutefois endommager les fleurs de toutes les variétés, même si la souche de la plante reste vivante.
La durée de vie d’un chrysanthème ne s’arrête pas nécessairement à la fin de sa floraison. Il s’agit d’une plante vivace. Dans de bonnes conditions, elle peut être conservée, replantée et refleurir l’année suivante.
Le résultat n’est cependant pas garanti pour tous les sujets vendus à la Toussaint. Certaines plantes ont été cultivées sous abri et forcées pour fleurir à une date précise. Elles peuvent se montrer plus fragiles lors de leur premier hiver, surtout lorsqu’elles restent dans un petit pot exposé au gel.
Il faut donc distinguer la durée des fleurs, qui se compte en semaines, de la durée de vie de la plante, qui peut s’étendre sur plusieurs années.

Le chrysanthème demande peu de soins, mais quelques gestes permettent de prolonger sa floraison.
Le chrysanthème apprécie la lumière. À l’extérieur, il peut être placé dans un endroit ensoleillé ou légèrement ombragé, de préférence à l’abri des vents forts.
Dans un cimetière, l’exposition varie beaucoup d’une tombe à l’autre. Une sépulture placée près d’un mur ou sous de grands arbres ne reçoit pas la même quantité de lumière qu’une tombe située dans un espace ouvert.
Si la plante manque de lumière, les boutons peuvent s’ouvrir plus lentement. À l’inverse, une exposition très chaude peut accélérer le dessèchement de la terre, même à l’automne.
À l’intérieur, le chrysanthème doit rester dans une pièce claire et peu chauffée. Il supporte mal l’air sec et la chaleur constante d’un logement. Il se conserve généralement mieux dehors que dans un salon chauffé.
L’arrosage doit être régulier, mais mesuré. La motte ne doit pas se dessécher complètement pendant la floraison. Elle ne doit pas non plus rester détrempée.
Avant d’arroser, il suffit de toucher la terre. Si la surface est encore humide, il est préférable d’attendre. Lorsque la terre commence à sécher, on peut apporter de l’eau au pied de la plante, sans mouiller inutilement les fleurs.
Le pot doit posséder des trous de drainage. Après une forte pluie, l’eau ne doit pas rester enfermée autour des racines. Une soucoupe constamment pleine peut provoquer leur pourrissement.
Dans un cimetière, la fréquence d’arrosage dépend de la météo. Une période douce, sèche et venteuse demande davantage de surveillance qu’une semaine fraîche et pluvieuse.
Les fleurs fanées peuvent être retirées au fur et à mesure. Ce geste conserve une apparence nette et évite que les parties abîmées restent au contact des fleurs encore ouvertes.
Il faut saisir la fleur sèche et couper proprement sa petite tige. Il n’est pas nécessaire de tailler toute la plante pendant qu’elle porte encore des boutons.
Une fois la floraison terminée, les tiges peuvent être rabattues. Si l’on souhaite conserver le chrysanthème, il est préférable de protéger la souche pendant l’hiver et de réduire fortement l’arrosage.
Le niveau de résistance au froid varie selon les variétés et les conditions de culture. Un chrysanthème installé depuis longtemps en pleine terre peut être plus résistant qu’un jeune plant récemment acheté et laissé dans un petit contenant.
En cas de gel annoncé, le pot peut être déplacé dans un endroit abrité, frais et lumineux. Il peut aussi être entouré d’un voile d’hivernage. Il faut particulièrement protéger les racines, plus exposées au froid dans un pot que dans le sol.
Pour conserver la plante d’une année sur l’autre, il est possible de la replanter au jardin. Une plantation au printemps, après les fortes gelées, lui laisse le temps de bien s’enraciner avant l’hiver suivant.
Le chrysanthème apprécie une terre profonde et bien drainée ainsi qu’une exposition ensoleillée. Une fois installé en pleine terre, il peut former une touffe et refleurir chaque automne.

Les chrysanthèmes appartiennent à la famille des Astéracées. Ce que nous appelons une fleur est en réalité un ensemble de petites fleurs réunies en un capitule.
Les nombreux croisements horticoles ont produit une diversité remarquable. Il existe des fleurs simples qui ressemblent à des marguerites, des formes doubles, des pompons presque sphériques et de grandes corolles aux pétales incurvés.
La pomponnette forme une plante compacte couverte de nombreuses petites fleurs rondes. Elle est particulièrement appréciée pour le fleurissement des tombes à la Toussaint.
Sa floraison abondante permet de créer une masse colorée. Ses petites fleurs sont généralement moins lourdes que les grandes corolles et supportent mieux le vent ou la pluie.
Elle peut être unicolore ou réunir plusieurs couleurs dans un même pot. Le blanc, le jaune, le rose, le rouge et le cuivre sont les teintes les plus courantes.
Le chrysanthème à grandes fleurs attire immédiatement le regard. Chaque tige porte une corolle généreuse, parfois très régulière, parfois plus échevelée.
Ces variétés sont spectaculaires, mais leurs fleurs peuvent être plus sensibles aux intempéries. Sous une pluie persistante, les pétales retiennent l’eau et la tête devient lourde. Un emplacement protégé permet de mieux les conserver.
Elles sont proposées en pot, mais aussi sous forme de fleurs coupées. Une seule tige peut alors suffire dans un vase.
Certaines variétés possèdent un cœur visible entouré de pétales. Leur allure rappelle celle d’une marguerite. D’autres sont ramifiées et portent plusieurs fleurs sur une même tige.
Ces chrysanthèmes sont particulièrement utiles dans les bouquets. Ils permettent de donner du rythme à une composition sans l’alourdir. Ils se mêlent facilement aux dahlias, aux hortensias, aux baies et aux feuillages d’automne.
Le choix dépend donc de l’usage recherché. Pour fleurir une tombe pendant plusieurs semaines, une plante compacte couverte de boutons sera souvent adaptée. Pour un bouquet de chrysanthèmes, les formes ramifiées et les fleurs coupées offrent davantage de liberté.

Dans les boutiques et sur les marchés, le mot « chrysanthème » n’est pas toujours celui qui est utilisé. Les fleuristes parlent souvent de Bonny, de Santini ou de Tokyo.
Ces noms ne servent pas seulement à contourner l’image funéraire attachée à la fleur. Ils permettent surtout de distinguer des groupes présentant des formes et des usages différents.
Le Bonny est un chrysanthème ramifié portant plusieurs fleurs. Il existe dans de nombreuses couleurs, unies ou bicolores. Sa tige permet de répartir plusieurs petites corolles dans un bouquet. Il accompagne facilement d’autres fleurs sans occuper tout l’espace.
Le Santini est lui aussi un chrysanthème ramifié, reconnaissable à ses nombreuses petites fleurs. Il est très utilisé en art floral pour apporter des points de couleur et remplir naturellement une composition. Les Santini peuvent être blancs, jaunes, roses, mauves, cuivrés ou verts.
Le Tokyo, également rapproché des formes dites « spider », possède des pétales longs et fins. Sa silhouette échevelée donne une allure très différente des pomponnettes et des grandes fleurs rondes. Il peut être utilisé dans une composition contemporaine ou placé seul dans un vase.
Ces appellations couvrent elles-mêmes plusieurs variétés commerciales. Elles décrivent davantage une famille de formes ou un usage en fleuristerie qu’une seule variété botanique précisément définie.
Connaître ces noms permet de regarder le chrysanthème autrement. Derrière la plante en pot traditionnellement associée au cimetière se cache aussi une fleur coupée très présente dans le travail quotidien des fleuristes.

En France, offrir un bouquet de chrysanthèmes peut surprendre. Beaucoup de personnes associent immédiatement cette fleur à la Toussaint et au deuil.
Il faut donc tenir compte du destinataire, de ses habitudes et de sa sensibilité. Pour une personne très attachée aux traditions françaises, un bouquet composé uniquement de chrysanthèmes peut être mal compris.
Pourtant, cette fleur possède de nombreux atouts. Elle présente une grande diversité de formes, une palette de couleurs très large et une bonne tenue en vase. Elle peut entrer dans un bouquet d’automne sans lui donner nécessairement un caractère funéraire.
Les Bonny et les Santini se marient bien avec les dahlias, les zinnias, les hortensias, les baies et les feuillages de saison. Les Tokyo peuvent être utilisés seuls ou en petit nombre pour donner au bouquet une ligne plus inattendue.
Pour entretenir des chrysanthèmes coupés, il faut utiliser un vase propre et retirer les feuilles qui risqueraient de tremper dans l’eau. Les tiges sont recoupées avec un outil propre et bien aiguisé. Il n’est pas utile de les écraser : une coupe nette limite les blessures inutiles et facilite l’entretien du bouquet.
L’eau doit être renouvelée régulièrement et le vase tenu à l’écart d’une source de chaleur. Les fleurs fanées sont retirées au fur et à mesure.
Dans de bonnes conditions, les fleurs coupées peuvent rester belles pendant une dizaine de jours et parfois davantage. Cette durée varie selon la variété, le stade d’ouverture et la température de la pièce.
Un bouquet de chrysanthèmes peut donc être offert. Il faut simplement choisir ses couleurs, sa composition et son destinataire avec attention.
La symbolique du chrysanthème change profondément selon les cultures.
En France et dans plusieurs pays européens, il évoque le souvenir, le recueillement et la fidélité aux défunts. Le déposer au cimetière est une manière d’entretenir le lien avec une personne disparue.
Au Japon, son image est différente. Lié à la famille impériale, il évoque la noblesse, la longévité et le renouveau. Il occupe une place importante dans les arts et dans la culture japonaise.
Le langage des fleurs attribue parfois une signification particulière à chaque couleur. Le chrysanthème blanc est souvent associé à la sincérité, à la pureté ou au souvenir. Le chrysanthème jaune peut évoquer la lumière, la joie ou la longévité. Le rouge est plus volontiers rapproché d’un sentiment amoureux.
Ces significations ne constituent pas un code universel. Elles varient selon les époques, les pays et les sources. Il est donc préférable de ne pas leur donner une valeur absolue.
Une fleur prend aussi son sens dans le geste qui l’accompagne. Le même chrysanthème peut fleurir une tombe à la Toussaint, apporter de la couleur dans un jardin, entrer dans un bouquet d’automne ou être placé seul dans un vase.
C’est peut-être là que se trouve sa véritable richesse.
Longtemps réduit en France à son rôle de fleur des cimetières, le chrysanthème mérite d’être regardé pour ce qu’il est : une plante vivace, une fleur d’automne et une source presque inépuisable de formes et de couleurs.
Pomponnette, Bonny, Santini, Tokyo ou chrysanthème à grandes fleurs : chaque variété possède son mouvement et son caractère. Dans un pot comme dans un bouquet, il suffit parfois de l’observer autrement pour le redécouvrir.